Les Ateliers de la Protection Sociale

Quelle complémentaire santé au moment du départ en retraite ?

Posté le 06 avril 2017

Depuis le 1er janvier 2016, tous les salariés bénéficient d’une complémentaire santé cofinancée par leur employeur. Mais, au moment de goûter un repos mérité, les voilà contraints de reprendre en main la gestion de leur complémentaire santé et de faire un choix important qui engage leurs futures dépenses de santé ! Les plus de 60 ans ont des besoins particuliers et voient leur santé évoluer à cet âge. Ils recherchent une couverture adaptée à leur profil. Etat des lieux, explications et solutions.

Quelle complémentaire santé au moment du départ en retraite ?

Départ en retraite : des frais de complémentaire santé multipliés par 4

Peu de salariés ont conscience du coût réel de leur complémentaire santé lorsqu’ils sont en poste. Une couverture famille coûte en moyenne 1 100€ par an. Elles sont généralement prises en charge entre 50% et 60% par l’employeur. Au moment du départ en retraite, la quote-part financée par l’employeur disparait ! Pour peu qu’il ait bénéficié d’un contrat de type « famille obligatoire », le coup est encore plus rude. Sa complémentaire santé couvrait également son conjoint ; ce ne sera plus le cas, et il faudra désormais souvent assumer une cotisation par bénéficiaire. Cerise sur le gâteau, la tarification tiendra désormais compte de son âge, 62 ans ou plus, tandis qu’auparavant, il bénéficiait à plein de l’effet de mutualisation de tous les salariés de son entreprise.

Au final, à l’heure de quitter la vie active, il n’est pas rare que le coût d’une complémentaire santé bondisse à environ 213 €  par mois pour un couple de senior. Une explosion budgétaire à comparer au montant moyen des pensions en France : 1300 € par mois.

Trois solutions pour le jeune retraité

Certaines entreprises n’abandonnent pas la couverture santé de leurs anciens salariés.  Dans la plupart des grandes entreprises, ils peuvent bénéficier d’un contrat « miroir », qui prolonge à leur profit les conditions obtenues par l’employeur auprès de l’assureur. Naturellement, les retraités prennent en charge la totalité de la cotisation mais ils conservent des garanties équivalentes et bénéficient d’une certaine mutualisation grâce à l’entrée progressive de nouveaux « jeunes » retraités à leurs côtés.

La majorité des nouveaux retraités ne disposent pas de cette option. C’est alors la loi Evin qui s’applique. Elle leur garantit, dans un régime dit « d’accueil », que leur assureur leur propose un contrat individuel équivalent à celui dont ils bénéficiaient lorsqu’ils étaient actifs (garanties à l’identique). L’écart de prime doit être progressif et ne pas dépasser 100% de la cotisation la première année puis 125% la deuxième année et 150% la troisième année du montant payé par l’entreprise. Comme nous l’avons vu, avec la perte de la part patronale, ce tarif aboutit à multiplier par 3 ou 4 le montant supporté par le retraité.

Troisième solution : voler de ses propres ailes vers un tout nouveau contrat mieux adapté à ses besoins. L’occasion de jeter un regard attentif aux garanties telles que l’optique et les verres progressifs, le dentaire et le cas particuliers des implants et couronnes, ainsi que les hospitalisations.

Choisir un partenaire santé à long terme

Ces trois options méritent donc réflexion. Mais attention, il serait illusoire de vouloir raboter significativement le coût de la complémentaire santé : une complémentaire à prix bas laissera forcément un reste à charge important pour des dépenses optiques, dentaires ou les honoraires en cas d’hospitalisation. Quant à renoncer à sa complémentaire santé, ce serait tout simplement dangereux. Les frais de santé réels d’un retraité sont, en effet, 6 fois plus élevés que ceux d’un actif. De plus, si le nouveau retraité peut choisir au moment de son départ en retraite, ce ne sera progressivement plus le cas. À partir de 70 ans, nombre d’organismes refuseraient de l’assurer. En revanche, après trois ans d’affiliation d’un contrat individuel, l’assureur est soumis à un engagement viager, c’est-à-dire qu’il ne peut plus résilier son client. Lorsqu’il opte pour une mutuelle, le nouveau retraité, dynamique et en pleine forme, doit savoir qu’il choisit le partenaire santé qui l’accompagnera pour ses vieux jours et qui ne le laissera pas tomber. C’est là la bonne nouvelle !

Damien Vieillard-Baron

Prélèvement à la source : l’année 2017 sera moins blanche que prévu

Posté le 30 mars 2017

Chose promise, chose due : le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, inscrit dans le projet de Loi de finances 2017, devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2018. À compter de cette date, l’impôt sera donc directement déduit des revenus, l’année même de leur perception. Or, en 2017, l’impôt sera calculé sur les revenus de l’année 2016. Qu’adviendra-t-il, dans ces conditions, des revenus de l’année 2017 ? Seront-ils passés sous silence, oubliés, purement et simplement effacés ? Rien n’est moins sûr…

Prélèvement à la source : l’année 2017 sera moins blanche que prévu

Suppression du décalage d’un an : mode d’emploi

À partir de 2018, l’impôt sera directement prélevé « à la source », c’est-à-dire sur la fiche de paie. Le taux de prélèvement appliqué au salaire de chaque contribuable sera, tout d’abord, calculé en fonction de ses revenus connus sur les années précédentes. Ensuite, la déclaration sur les revenus effectifs de 2018 donnera lieu à une régularisation : soit un remboursement de l’administration fiscale, soit des versements complémentaires en 2019 (infographie "les grandes étapes pour les contribuables salariés ou retraités")

De sorte que si les revenus de l’année 2017 seront bel et bien déclarés et pris en compte pour établir le taux de prélèvement de 2018, ce ne sera que provisoirement. Ils seront, au final, escamotés par la régularisation qui interviendra sur la base des revenus déclarés au titre 2018. D’où, à première vue, l’impression d’une année fiscalement blanche.

L’imposition des revenus exceptionnels rebat les cartes

Pour les contribuables, la tentation pourrait être grande de gonfler leurs revenus sur 2017, par exemple, en décalant les versements individuels facultatifs (VIF) qu’ils effectuent habituellement sur un dispositif d’épargne de type article 83. En effet, le plafond étant reportable pendant trois ans, ils pourraient décider de différer d’une année ces versements, et déduire en 2018, les sommes qu’ils auraient renoncé à glisser dans cette enveloppe fiscale pendant l’année blanche…

Le législateur n’est, toutefois, pas décidé à laisser se développer de tels effets d’aubaine. Ainsi, les revenus dits « exceptionnels » constatés au cours de l’année 2017 seront soumis à l’impôt. Une liste – non exhaustive - de primes, plus-values, et autres indemnités susceptibles d’être rattrapées par la patrouille est fournie sur le site de l’administration fiscale. L’intention des pouvoirs publics est claire : ne pas laisser impunément les contribuables majorer, à loisir, leurs revenus de l’année 2017.

>>> Notre conseil :

Renoncer exceptionnellement à ses versements individuels facultatifs (VIF) effectués, depuis des années, sur un contrat article 83 revient, de toute évidence, à majorer ses revenus. Même chose pour les versements sur un PERP ou un contrat Loi Madelin. C’est pourquoi, ce genre de choix risque fort d’être considéré par l’administration fiscale comme une façon un peu trop opportuniste de tirer profit de l’année « blanche ». Nous recommandons ainsi de maintenir le niveau des VIF pour l’année 2017, afin de ne pas interrompre inutilement une stratégie d’épargne bénéfique à long terme. En revanche, choisir l’année 2017 pour démarrer ou augmenter ses VIF est, sans aucun doute, peu pertinent.

Damien Vieillard-Baron

 

Sources et informations complémentaires

Une infographie pour comprendre le prélèvement à la source