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Des solutions pour limiter la hausse du coût des complémentaires santé

Posté le 18 mai 2017

Les primes des complémentaires santé ont connu une augmentation moyenne de 2 à 2,5% au cours des dernières années. Cette tendance, structurelle, ne devrait pas s’inverser. Néanmoins, des solutions existent pour maîtriser les coûts de santé de l’entreprise sans pénaliser la couverture des salariés. Explications.

Des solutions pour limiter la hausse du coût des complémentaires santé

La part du régime général reste stable : un miracle ?

En France, 76% des dépenses de santé sont prises en charge par la Sécurité sociale. Les 24% restant sont à la charge des complémentaires santé et des patients eux-mêmes. Cette proportion reste étonnamment stable, malgré le recul de l’âge moyen des Français, et la progression du coût des affections longues durées, des dépenses prises en charge à 100% par la Sécurité sociale. Comment s’explique cette stabilité ? Tout simplement par le transfert régulier d’une partie de ces dépenses sur les complémentaires santé. Ce mouvement s’opère chaque année, notamment, avec le déremboursement de certains médicaments. Par exemple, des médicaments qui étaient pris en charge à 65% par le régime général changent de catégorie et ne sont plus remboursés qu’à hauteur de 35%. 

Maîtriser le budget santé en associant les salariés

Qui dit augmentation des dépenses à la charge de la complémentaire santé dit augmentation probable des cotisations. À moins que les entreprises parviennent à associer les salariés à la maîtrise du budget santé. Première règle : conserver un partage « vertueux » des cotisations entre les parts employeur et salarié. En moyenne, l’employeur prend près de 60% de la prime à son compte. Au-delà de 80%, on peut considérer que les salariés se désintéresseront totalement de l’équilibre du régime. À l’inverse, limiter la part employeur à un montant fixe, par exemple 40 €, pour laisser les variations du coût de la complémentaire impacter directement la part salarié, est un moyen incomparable de limiter la surconsommation. Dans tous les cas, la création d’une commission santé, avec les partenaires sociaux, permet d’associer les représentants des salariés à la lutte contre les dérapages budgétaires et de discuter, en connaissance de cause, de l’évolution des garanties.

Limiter certaines garanties sans nuire au service médical

La chasse aux dépenses de confort peut s’avérer très rentable. Ainsi, changer de lunettes tous les deux ans plutôt que chaque année,  permet d’économiser jusqu’à 3 points de cotisation sans pénaliser la santé du salarié. Autre piste : plafonner les garanties. Par exemple, lorsque, en cas d’hospitalisation, les complémentaires remboursent les chambres particulières aux frais réels, il n’est pas rare que les factures s’envolent. En plafonnant la prise en charge à 80 ou 90 € par jour, on se prémunit contre des dépassements inconsidérés.

Encourager le recours aux réseaux de soins

Les réseaux de soins – c’est-à-dire des regroupements de professionnels - permettent de réduire fortement les factures dans l’optique, les audioprothèses et le dentaire. Ceux-ci offrent des tarifs plus abordables aux patients et les accords passés avec les organismes complémentaires permettent, de surcroît, de meilleurs niveaux de remboursement. Tout le monde est gagnant : une étude* évalue à 19%  l’économie moyenne réalisée sur les dépenses dentaires effectuées auprès d’un réseau de soins, tandis que le reste à charge du patient baisse de 38%. Aujourd'hui, 48 millions de Français sont potentiellement couverts par un réseau de soins. La contrainte, quant au choix des praticiens et fournisseurs, est d’autant mieux acceptée par les salariés que leur intérêt est double : ils réduisent leurs dépenses personnelles et contribuent à l’équilibre de leur régime complémentaire.

Au final, la maîtrise du budget de santé est une affaire de responsabilité partagée et de communication. Une thématique idéale pour initier un dialogue pédagogique et constructif autour d’un sujet qui intéresse les salariés : leur santé.

* Etude réalisée par Asteres sur le réseau Santéclair

Damien Vieillard-Baron